Tout savoir sur la fabrication de la soie et de son impact environnemental - La Goose

Tout savoir sur la fabrication de la soie et de son impact environnemental

Parmi les textiles de luxe les plus célèbres, on retrouve la soie. Ce tissu de qualité est considéré comme un textile particulièrement noble en raison de ses nombreuses caractéristiques. En effet, la soie est la plus solide fibre naturelle connue et possède un grand pouvoir d’absorption. Textile très doux et agréable à porter, la soie isole aussi bien en hiver qu’en été. Comment est-elle fabriquée ? Quel est son impact sur l’environnement ? Tour d’horizon des pratiques dans la fabrication de la soie.

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Que comprendre de la soie et de la sériciculture ?

La soie est une fibre et un biomatériau provenant du règne animal. 100 % naturelle, la fibre de la soie est produite par les insectes appelés vers à soie (Bombyx du mûrier). Le textile de soie possède de nombreuses propriétés. En effet, cette fibre naturelle est la plus solide connue. Elle est très scintillante et elle absorbe facilement les colorants. Toutefois, l’entretien de ce matériau n’est pas aisé. En outre, pour obtenir cette substance biodégradable issue du cocon de la chenille, il faut élever les vers et maîtriser la sériciculture.

En quoi consiste la sériciculture ?

Au cours de l’élevage, la femelle du ver à soie pond entre 300 et 500 œufs, puis décède quelque temps après. Pour permettre aux œufs d’éclore, les éleveurs les maintiennent au chaud grâce à des couveuses dont les parois contiennent de l’eau chaude.

Après éclosion, le ver mesure environ 4 mm. Les insectes sont ensuite nourris pendant cinq jours avec des feuilles de mûrier pour leur permettre de croître. Durant cette période, ils subissent au total quatre différentes mues, leur taille passe à 10 cm et leur poids étant multiplié par 10 000. Après cette étape de croissance, les chenilles s’accrochent à des supports à l’aide d’un fil, puis s’y installent.

Par la suite, les vers commencent à filer le cocon en régurgitant entre un et deux kilomètres de fil en quatre jours. Et pour permettre au processus de production de continuer, les éleveurs empêchent les chenilles de se transformer en papillon. En effet, le papillon n’hésiterait pas à s’échapper du cocon, brisant ainsi le fil et la production de la fibre naturelle.

Étapes de fabrication de la soie : comment est-elle vraiment fabriquée ?

La fabrication proprement dite de la soie s’effectue en plusieurs étapes.

Élevage et décoconnage

La première étape de la fabrication est de réussir l’élevage des vers, en empêchant la transformation des chenilles en papillon. Ainsi, il est nécessaire de veiller à la formation des cocons. Ensuite, huit à dix jours après la formation des cocons, il faut les retirer de leur support, puis les trier. Le décoconnage consiste donc à enlever la bourre ou le blaze ayant servi à fixer le cocon au support.

Étouffage et filature

Avant de récupérer le fil de soie, il faut tuer la chrysalide sans toutefois abîmer le cocon. On décide pour cela d’étouffer la chenille, ce qui implique de plonger les cocons dans une étuve de 70 ° à 80 ° Celsius. Ensuite, on trempe dans l’eau bouillante les précédents cocons pour le ramollissement du grès. Encore appelé séricine, le grès est une matière entourant le fil de soie, dont la couleur dépend de la race du ver à soie. Notez cependant que le fil de soie est toujours de couleur plus ou moins blanche. En outre, pour la récupération du fil de soie, il faut remuer le cocon en utilisant un petit balai afin de trouver l’extrémité de chaque fil.

Dévidage

Les fils de soie étant généralement trop fins, il faut les réunir à l’aide d’une dévideuse. Cette dernière permet la réunion des fils issus de plusieurs cocons pour en former d’autres dont l’épaisseur dépend de la grosseur désirée. Le dévidage (ou le soudage des fils sur les dévidoirs) est réussi grâce aux propriétés du grès. On obtient par la suite un biomatériau appelé « soie grège ». Pour obtenir un kilogramme de soie grège, le sériciculteur a besoin de 8 à 10 kilogrammes de cocons. Avant de passer au moulinage, la soie grège est enroulée sur des écheveaux.

Moulinage et décreusage

Pour mouliner la soie grège, l’éleveur de vers à soie doit tordre ensemble plusieurs fils pour les rendre plus solides et plus souples. En effet, le nombre de torsions à effectuer est fonction de la qualité du fil recherchée (crêpe de Chine, crêpe de Georgette). Autrement dit, plus le fil de soie est tordu et plus le tissu final est souple. Après cette étape de moulinage, il est nécessaire de procéder à l’élimination du grès. Pour cela, on fait bouillir les écheveaux dans une eau savonneuse. Après l’opération de chauffage, on obtient de la « soie cuite ou décreusée ».

Teinture et tissage

Pour teinter la soie décreusée, il faut l’imprégner d’alun afin de faciliter la fixation de la teinture. Ensuite, l’éleveur tisse la soie en s’assurant qu’elle est sous la forme de flotte ou d’écheveaux. Le tissage consiste à entrelacer les fils de chaîne avec des fils de trame. C’est grâce au tissage que l’on obtient différents types d’étoffes, dont le crêpe, le satin, la mousseline, le velours, le taffetas… En outre, pour réussir le tissage, il faut disposer d’un métier à tisser.

Impact environnemental de la fabrication de la soie

La fabrication de la soie n’est pas sans impact sur l’environnement, même si ce textile est naturel et biodégradable. En effet, pour faire l’élevage intensif des vers à soie, les éleveurs ont souvent recours à des produits chimiques tels que les engrais, les pesticides et les antibiotiques. Leur but à travers l’utilisation de ces produits est d’accélérer la production en limitant au maximum les parasites. D’autre part, l’extraction de la fibre nécessite l’utilisation de grandes quantités d’eau chaude.

Par ailleurs, l’opération d’étouffage implique de tuer les chenilles en les ébouillantant, ce qui est plus que discutable sur le plan éthique. En outre, la sériciculture demande beaucoup de main-d’œuvre et les éleveurs font généralement appel à de la main-d’œuvre non qualifiée, dont des enfants. De plus, les travailleurs sont le plus souvent soumis à de très mauvaises conditions de travail.

En somme, la soie est un biomatériau qui peut être facilement renouvelé. Cependant, c’est en fonction des modes de production choisis par les éleveurs que la fabrication de la soie est plus ou moins respectueuse de l’environnement et du bien-être de l’homme.

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