Quels sont les impacts écologiques de la production du cuir ? - La Goose

Quels sont les impacts écologiques de la production du cuir ?

Le cuir est une matière de qualité en raison des caractéristiques exceptionnelles de ses produits finis. Non seulement ces produits sont robustes, mais ils présentent également une finition impressionnante. Toutefois, la production de cette matière pose un certain nombre de problèmes qui entachent son image. En effet, les impacts écologiques de la production de ce matériau « noble » ne sont pas anodins.

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Impacts écologiques et humains de la production du cuir

Le cuir est obtenu à partir des peaux d’animaux morts, et ce, le plus souvent grâce à une méthode industrielle chimique. En effet, des animaux issus des fermes d’élevage sont tués, leurs peaux putrescibles sont récupérées puis transformées en la matière imputrescible qu’est le cuir. Bien que le cuir obtenu soit lui-même très résistant, sa production n’est souvent pas sans danger.

Problèmes environnementaux

Produire du cuir a des impacts sur l’environnement. En effet, l’élevage des animaux dans les fermes est une source de pollution aux nitrates (très impliqués dans le réchauffement climatique). De plus, l’élevage industriel des bovins entraîne le rejet d’une grande quantité de méthane (gaz à effet de serre) dans l’environnement et aussi la déforestation massive. De grandes surfaces sont déboisées pour la création de zones de pâturages et d’immenses exploitations de soja destiné à la nutrition animale.

D’autre part, l’élevage intensif demande l’utilisation d’importantes quantités d’eau et de denrées alimentaires (maïs, foin, son…). En outre, le traitement des peaux putrescibles (ou tannage minéral) nécessite l’utilisation de produits chimiques dont le rejet pollue gravement les eaux, les sols et les nappes phréatiques. Au cours du tannage minéral, les tanneries utilisent les sels de chrome, d’aluminium et du zirconium afin d’obtenir un cuir souple, solide et avec des couleurs vives.

Problèmes sanitaires

La production du cuir a également des conséquences sur les humains. D’une part, les ouvriers travaillant dans les tanneries sont exposés aux produits utilisés au cours du tannage. Les tanneries leur garantissent peu de sécurité au travail. L’exposition des travailleurs au chrome est souvent à l’origine des maladies respiratoires. De plus, le système immunitaire des ouvriers est détruit, ce qui les rend vulnérables à toutes sortes de maladies et d’infections (cancer, tuberculose…).

D’autre part, les déchets chimiques sont rejetés dans l’environnement sans aucun traitement au préalable, ce qui va entraîner une pollution de l’eau destinée à nourrir les cultures et la population. En plus, ces déchets entrent dans la chaîne alimentaire, car ils servent également à nourrir les animaux et les poissons.

Il faut également souligner que les produits finis à base de cuir provoquent chez certains utilisateurs des irritations ou d’autres réactions allergiques en raison de la présence du chrome hexavalent qui est toxique pour la santé.

Souffrance animale

Force est de constater que les animaux élevés et destinés à la production du cuir sont maltraités. En effet, les éleveurs utilisent des pratiques brutales et élèvent ces animaux dans de mauvaises conditions. Les bêtes sont confinées et entassées dans de petits enclos, ce qui augmente grandement les risques de maladies et d’infection. Par ailleurs, les animaux sont castrés sans antidouleurs et sont transportés jusqu’à l’abattoir dans des conditions vraiment atroces. Leur abattage est violent malgré les réglementations en vigueur et les sensibilisations, ce que de nombreuses associations dénoncent régulièrement.

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Alternatives au cuir pour une démarche écoresponsable

Le cuir se retrouve dans de nombreux produits et objets tels que les chaussures, les sacs, les vestes et les canapés. Malgré ses nombreux avantages esthétiques, la production de cette matière noble présente un réel danger pour l’Homme, les animaux et la planète. Ainsi, c’est dans l’optique de limiter les impacts et les dégâts de cette production que certains fabricants ont élaboré d’autres matières qui constituent une excellente alternative au cuir. Vous avez entre autres le cuir de poisson, le cuir d’ananas, les cuirs à base de liège, de champignons…

Cuir de poisson ou cuir marin

Ce cuir éthique apparu dans les années 1990 en Islande est issu des peaux de poisson. Le cuir marin apparaît de plus en plus régulièrement dans les défilés responsables et offre une alternative audacieuse au cuir classique. On en trouve à base de saumon, de loup de mer, de raie, de thon ou encore de perche. Souple, fin et résistant, ses particularités varient selon le poisson dont il est issu, mais il n’en demeure pas moins un produit respectueux de l’environnement, car issu des déchets de l’industrie agroalimentaire et donc proche du zéro déchet.

Cuir d’ananas

Connu sous l’appellation « Pinatex », le cuir d’ananas constitue une matière alternative au cuir animal. Il est essentiellement fabriqué à partir des feuilles d’ananas, qui représentent des déchets végétaux. Le Pinatex s’obtient après le décorticage des feuilles d’ananas et leur transformation en une matière semblable à un maillage.

Attention toutefois. Malgré la non-utilisation des produits chimiques au cours de la production et la transformation des déchets végétaux, ce cuir est non biodégradable. En effet, les fibres d’ananas le sont, mais les résines ajoutées pour le revêtement du cuir ne sont pas.

Cuir à base de liège

Les fabricants arrivent désormais à fabriquer du cuir végétal à partir d’écorce de chêne-liège. Outre l’utilisation de cette écorce pour la fabrication des bouchons de vin et sous-verres, des ouvriers extracteurs l’utilisent aujourd’hui pour obtenir du cuir écologique et durable. En effet, ils écaillent de façon méthodique l’écorce de manière à former des feuilles de liège. Les feuilles obtenues sont séchées puis bouillies pour les rendre plus malléables.

Après leur séchage, elles sont rasées en de fines feuilles semblables à du papier de soie. Ensuite, sur un tissu, les précédentes feuilles sont laminées en utilisant des produits d’étanchéité et des techniques spéciales. Pour finir, un spray de protection est appliqué sur la matière afin d’augmenter sa durabilité. Les avantages du cuir à base de liège sont entre autres son élasticité, son caractère antifongique, sa légèreté et son imperméabilité. Par ailleurs, ce cuir végétal est durable et hypoallergénique. Le cuir de liège peut durer 20 ans sans se détériorer.

Cuir à base de champignons

Outre les feuilles d’ananas et le liège, certains fabricants utilisent les racines du mycélium pour fabriquer du cuir végétal connu sous le nom de Muskin. Il s’agit certainement du cuir vegan le plus durable, car le matériau obtenu après transformation des racines est très résistant. De plus, ce cuir est imperméable à l’eau. Par ailleurs, ce cuir est biodégradable.

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